Aurélie Gravas

Aurélie Gravas est née en 1977, en France, à Boulogne Billancourt.
Elle vit et travaille à Bruxelles depuis 2004.
Aurélie a recours à l’art comme à une stratégie de vie et de survie. Créer, dans son cas spécifique – sans le moindre désir de démontrer quelque chose, ou de faire école –, c’est bâtir un lieu de protection, havre contre tout ce qui vientdrait menacer la vie.

Peindre, pour moi ?
L’envie de créer un espace devant lequel je puisse rester jusqu’à la fin du monde.

Il existe de multiples façons de regarder un tableau.
On peut jouir de ce qu’un tableau représente, on peut se demander, encore, comment l’artiste l’a réalisé, quelle était son intention, quel bénéfice psychologique il attend d’en tirer.

De même qu’il y a plusieurs manières de regarder un tableau et de lui trouver un sens ou une justification, l’acte de création a lui aussi maintes finalités. On peut créer, artiste, par vanité (laisser quelque chose de soi au monde), par désoeuvrement (s’occuper), par habitude (la pratique comme routine), par plaisir (le bonheur de faire quelque chose d’inédit ou d’expérimental). L’erreur, peut-être, est de considérer la création artistique, la Schöpfung, comme un processus à même d’être homogénéisé, universalisé, identique pour tous les créateurs.

Venons-en à la peinture d’Aurélie Gravas, artiste française établie à Bruxelles, pour signifier d’emblée qu’on l’appréciera en ces lignes au prisme de la spécificité, non de l’universalité. La manière d’Aurélie Gravas n’appartient qu’à elle. Élaborée par collage, par brossage, par tracé avec un sens très travaillé des agencements, elle échappe à toute narration, oscille entre figuration et abstraction, ne rejette pas la tradition, incarnée sans fard par les références à de grands aînés, quoiqu’en traçant une voie singulière.

Extrait de "Aurélie Gravas — L’art fait mon nid" de Paul Ardenne
Paul Ardenne, "Tipees", Éditions Le Bord de l’eau / La Muette, Février 2020

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